06.04.2012
Compte Rendu du Green Dating n°38 : Et si le changement climatique nous aidait à sortir de la crise?
En 2010, les éco-activités ont représenté 452.600 emplois, soit une hausse de 4,5% par rapport à 2009 alors que dans le même temps la moyenne nationale de l'emploi était quasi-stable (+0,1%).
Face à une situation économique mondiale défavorable, les éco-activités résistent mieux à la crise. Une tendance qui devrait se confirmer avec les chiffres 2011.
Les 2 principaux employeurs restent Le secteur de la collecte et du traitement des déchets (avec 97.500 emplois) et celui du traitement des eaux usées (avec 95.500 emplois), devant les énergies renouvelables (avec 62.500 emplois).
Ce dernier secteur connaît la plus forte progression avec une croissance de +19% par rapport à 2009. A noter également le dynamisme de l'agriculture biologique avec 22.500 emplois en 2010 (+22% par rapport en 2009).
En 2010, la balance commerciale des énergies renouvelables reste déficitaire. Elle s'est néanmoins améliorée dans toutes les filières, à l'exception du solaire photovoltaïque.
La France est exportatrice excédentaire dans l'hydraulique, le solaire thermique et les équipements de chauffage au bois domestique. Avec l'appui du Fonds chaleur lancé en 2009, la France a acquis un savoir-faire reconnu dans le solaire thermique. Dans le chauffage au bois domestique (poêles, inserts), les fabricants français sont très présents.
Les éco-entreprises françaises sont les 4èmes exportatrices mondiales
(Ministère du DD)
Introduction : Marc Boutin, Directeur Corporate HSBC France
Christian de Perthuis, Professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine. Il consacre ses recherches à l’économie du climat et à la croissance verte. Co-auteur de l’ouvrage « Et si le changement climatique nous aidait à sortir de la crise ? »
Depuis 7 ans, je travaille sur l’économie du changement climatique. J’ai introduit cette dimension à Dauphine.
Depuis 2 ou 3 ans, le discours classique sur le changement climatique passe très mal auprès des décideurs politiques parce que dans la représentation dominante, il y a une sorte de trade off permanent entre la sortie de crise économique et financière à court terme et l’action sur la changement climatique
La vision communément partagée : il faut d’urgence rétablir la santé économique et après on pourra s’occuper du changement climatique.
Cette vision est mauvaise pour le changement climatique et pour l’économie.
Car il ne faut pas représenter l’action contre le changement climatique comme une sorte de contrainte supplémentaire imposée à notre économie mais au contraire, comme une formidable opportunité de mutation de notre économie.
Permettant plus d’investissements, d’innovation et donnant des leviers pour la reprise économique.
Le catalyseur de cette transformation est de modifier le système des prix et d’introduire la valeur carbone dans l’économie : accélérer cette mutation passe par l’intégration du carbone.
Les acteurs qui permettent de réduire les émissions gagnent de l’argent et les acteurs qui restent cantonnés dans la vieille économie qui continue à accroître les émissions payent le coût des dommages engendrés.
La mutation concerne tous les secteurs d’activité. La transition est aussi importante dans les secteurs traditionnels que dans les secteurs bas carbone.
Un tiers des émissions dans le monde sont liées à la façon dont on gère l’agriculture, l’alimentation et l’exploitation de la forêt. Nous n’avons aucune chance d’atteindre cette société bas carbone si nous n’intégrons pas cette dimension agricole et forestière.
Si nous n’intégrons pas cette dimension, on risque de faire de grosses bêtises, sur le volet énergétique, en prélevant trop de biomasse pour l’énergie et en accentuant des déséquilibres alimentaires et forestiers.
Quelques secteurs concernés :
La révolution sur les réseaux de distribution d’électricité, qui sont aujourd’hui pauvres en matière d’intelligence et de capacité d’adapter l’offre et la demande. Le stockage de l’électricité, les couches minces pour le photovoltaïque, l’agriculture écologiquement intensive dans laquelle on ne sacrifie pas les rendements à l’Etat car nous aurons 9 milliards d’habitants à nourrir, mais nous agirons de façon plus intelligente et complexe.
Ceci pourra générer beaucoup d’innovation et beaucoup d’emplois.
A l’automne dernier, j’ai remis un rapport à NKM sur « comment passer à la société bas carbone en France ». Il faut pour ça qu’il y ait un catalyseur dans tous les secteurs.
On fait des progrès. Mais si on veut des réponses à la dimension de l’enjeu, il faut un catalyseur qui génère les ruptures, les investissements, les mutations.
Cela concerne autant les secteurs industriels (cimentiers, aciéries…) que les nouvelles industries.
Ce catalyseur est l’extension de la valeur carbone.
On peut intégrer cette valeur carbone par différents leviers, la taxe carbone est une façon. On peut élargir la valeur du carbone en élargissant les marchés de permis d’émissions, coupler ces dispositifs avec des systèmes de projets.
Il faut de l’innovation dans les politiques.
Christian Laplaud, vice-Président du PEXE. Association pour la promotion et le développement international des éco-entreprises de France
Le changement climatique est absent de la politique, contrairement à il y a 5 ans.
L’innovation a toujours servi le progrès jusqu’au 20è siècle et aujourd’hui il y a des innovations qui causent des dégâts.
Le PEXE s’est constitué autour de clusters composés de PME du secteur de l’environnement et du développement durable.
On a besoin de passer aux actions.
Généralement, on peut constater que l’acheteur public n’a pas un comportement spontanément vertueux. Les évolutions règlementaires font qu’un marché peut exister. Certaines incitations sont des subventions pour atteindre les objectifs de qualité.
En France, plus de 25 à 30% des ressources en eau part en fuite dans les tuyaux.
Ce qui correspond à 2 milliards de m3 par an, soit la consommation d’eau minérale des Français pendant 3 ans. Les acteurs publics devraient se charger de la recherche de fuite, mais ça n’est pas complètement le cas, même si c’est subventionné.
Il faut aller plus loin, renforcer les capacités à comprendre les problématiques des acheteurs publics.
Certaines PME se sont rapprochées grâce aux clusters pour fabriquer des produits innovants dans l’environnement. 11 filières ont été développées. On fabrique de l’offre, mais il n’y a pas de clients, pas de demande.
Il y a des perspectives de développement pour les éco-entreprises à l’étranger. Mais on a des compétiteurs à l’étranger qui sont très bons. Dans le domaine de l’eau, la compétence française est rivalisée par les Australiens, Singapour…
Le PEXE renforce les capacités des PME à innover et à exporter. Nous sommes persuadés que l’atteinte des objectifs du Millénaire passera par des grands engagements, des grands décideurs (comme le Forum de l’eau). On ne pourra pas satisfaire ces objectifs si on ne s’intéresse pas aux partenariats entre PME.
Thierry Lepercq, Président de Solaire Direct. Premier opérateur d’électricité photovoltaïque en France. Quel avenir pour l’énergie solaire en France et à l’international ?
Solaire Direct est un producteur intégré d’électricité solaire (ingénierie des systèmes, des projets, réseau), nous construisons, exploitons, finançons des installations sur toiture et au sol. 120 mégawatt installées à ce jour.
Notre ambition est de produire de l’électricité solaire de manière compétitive.
Nous avons signé 2 contrats avec des collectivités en Poitou Charentes pour 120 megawatt.
Un peu plus de 100 euros du mwh.
Une électricité solaire moins chère.
Le solaire c’est bien si c’est compétitif, c’est encore mieux si c’est intelligent. Si on veut intégrer massivement cette énergie dans le réseau. Les technologies existent.
Il faut attirer la confiance.
Le changement climatique peut-il nous aider à sortir de la crise ?
Il a été vu comme une urgence planétaire il y a 5 ans, elle n’est pas moindre aujourd’hui.
Une présentation a été faite il y a 15 jours au Parlement britannique, sur l’évolution de la cape arctique qui montre que son volume montre qu’il n’y aura plus de banquise arctique en 2015.
Urgence proche de la catastrophe.
Il faut en prendre acte. En France, on n’est pas prêt à payer un centime de plus pour une électricité plus verte. Dans les pays émergents : ils ne sont pas prêts à payer du tout.
Il faut trouver des modèles économiques tout de suite, sans passer par les subventions. On est arrivé à la fin dans le solaire de ce système.
Tournons la page de cette économie du changement climatique assistée, fondée sur de l’argent qu’on n’a pas.
Avons-nous un modèle économique qui tient la route ?
Cela vaut pour toutes les éco-activités.
Il est temps de laisser l’Etat où il est. Réintroduisons le collectif là où il peut s’introduire.
Ce sont les territoires. En Poitou Charente, nous avons mis en place des circuits courts.
Les Territoires à énergie positive se fournissent à leur échelle avec 100% d’énergies renouvelables.
Filière industrielle locale qui crée des emplois locaux et qui est compétitive.
Réintégration de l’intérêt général. L’échelle qui convient est l’échelle territoriale.
Nous sommes dans un système d’interdépendance avec la Chine.
Barthélémy Rouer, Directeur général de Wind Prospect, société de service spécialisée dans le développement et le conseil en Energies renouvelables.
Le changement climatique peut-il être créateur de valeur ?
Le Groupe Wind prospect intervient à chaque étape de la chaîne de valeurs des EnR, éolienne et solaire (développement, construction, exploitation).
La filière française est une plate forme de services experts, dédiée aux investisseurs institutionnels. La consolidation du secteur passe par le conseil technique, de l’analyse du risque, de la maîtrise d’ouvrage, de la gestion déléguée d’actifs.
Le Groupe est composé de 200 salariés, 20 millions d’euros de CA.
En France : 20 salariés, objectif de 2 millions pour 2012. La filiale a été créée il y a 4 ans.
C’est un événement que des entreprises industrielles se créent. Et nous avons le privilège d’appartenir à ce secteur.
Nous facturons 45 millions d’euros d’électricité, soit 450 gwh, de l’électricité pour 1 million de foyer.
Nous sommes la preuve que le changement climatique peut nous aider à sortir de la crise.
Je suis née dans la crise, elle est multi formes et dure. Je ne prétends pas la résoudre.
Le changement climatique est une adversité positive. On a là un sujet, un ennemi commun, pour qu’on s’aligne tous à sa résolution. Nous n’avons pas beaucoup de temps. Fantastique fil d’Ariane.
C’est un pan industriel qui est en train d’apparaître. Face aux secteurs automobile et à l’aéronautique, en souffrance, l’industrie éolienne et solaire sont des sujets d’avenir.
Le modèle économique toute industrie confondue qui résistera sera résilient au renchérissement de l’énergie et saura faire face à l’appauvrissement des matières premières. En plus de faire des produits à bas coûts, internaliser les externalités que nous avons (déchets).
Je suis dans l’éolien depuis plusieurs années, je suis obligée d’y croire. L’éolien se porte très bien, on parle de croissance à 2 chiffres. Ma problématique aujourd’hui est la gestion de la croissance, on est passé de 1 à 20 personnes en 4 ans.
Il n’y a qu’à faire, avoir de bonnes idées.
Sauf qu’il y a une certaine adversité politique. Le tarif de l’éolien, après le solaire, est attaqué. Le mécanisme de soutien donne la sécurité à l’investissement. Sur 9 projets éoliens en France, la quantité de recours et d’opposition face au changement atteint des proportions jamais vus. Malgré cela, le tarif est clair et apprécié. 6 milliards d’euros investis. Une opposition systématique juridique.
Nous sommes une période où rien ne se passe, depuis le mois de mai 2011.
Rien ne se décidera et les banquiers n’auront pas confiance.
Or le politique garantit la confiance.
Pourquoi autant d’acharnement sur cette énergie ?
13:59 Publié dans Compte rendu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.03.2012
Compte rendu du Green Dating n°37 : Quel avenir pour la Forêt française?
66% des Français pensent que la forêt française est menacée et 64% qu’elle a diminué, alors qu’elle progresse (Ipsos/FFP 2011).
Elle a doublé en 150 ans, pour occuper la 3è place européenne, après la Suède et la Finlande.
L’industrie du bois compte davantage d’emplois (400 000) que l’industrie automobile.
La forêt publique représente 25% de la surface boisée nationale et 40% des ventes de bois en France. Les 3,5 millions de propriétaires privés détiennent les 75% restants.
Comment l’encadrer, mieux la valoriser ? Quel avenir pour le marché du bois français ?
Hervé Gaymard, Président du conseil d’administration de l’Office National des Forêts
La Forêt publique recouvre le quart de la forêt française, les 3 quarts sont privés.
La forêt compose un Tiers de la superficie de notre pays.
Sur le quart public, ¾ aux communes forestières et ¼ à l’Etat (forêt domaniale)
L’ONF est un établissement public industriel et commercial qui gère pour le compte de ces 2 propriétaires, la forêt publique
Depuis 1791, les communes doivent faire gérer leurs forêts par un établissement public.
Dépenses de l’ONF : 10 000 agents, investissements pour replanter et régénérer la forêt.
Recettes : ventes de bois (40%), les travaux pour les collectivités, les droits de chasse (10%), les frais de garderie (dont 85% sont pris en charge par l’Etat)
2 problèmes :
- La maison n’avait pas bougé et évolue depuis 10 ans, mauvais climat social. Audit social.
- On dit toujours que la forêt a 3 fonctions : biodiversité, accueil du public, et une fonction économique. Or aujourd’hui, seule la production de bois (économique) rémunère les 2 autres fonctions.
On note une baisse des prix du bois depuis 80.
La Forêt publique produit 40% du bois annuellement produit en France, car elle est moins morcelée que la forêt privée.
Pourquoi importe t-on du bois alors que nous sommes le 3è massif européen ?
Bois = 2è déficit commercial après gaz-pétrole
On exporte grumes et importe planches ou meubles
Raison liée à la structure du patrimoine forestier. Pour bois construction, on utilise des résineux or forêt française est à 2/3 feuillus
On importe des résineux.
Nous avons une intensité capitalistique trop faible des industries de l’aval, comparée aux pays du Nord qui ont une forêt industrielle
Notre forêt est habitée, nous n’avons pas les grandes étendues du Nord
Beaucoup de citoyens qui n’ont pas une culture sylvicole pensent que couper un arbre est un crime, or il est nécessaire de régénérer la forêt et de faire des coupes régulières pour qu’elle pousse bien.
L’ONF est le vaisseau amiral de la forêt française
Luc Bouvarel, Directeur général de la Fédération des Forestiers Privés de France
Etude IPSOS sur la perception des Français et du CREDOC sur la perception des propriétaires privés, sur la gestion forestière
Mobilisation, débouchés
Nous sommes le Syndicat de propriétaires forestiers : interlocuteur des autres acteurs
Propositions législatives, mise en œuvre de la forêt privée
Partenaire avec ONF
Comment gérer, apporter les matériaux à l’industrie utilisatrice, construire une production à 60 ans
Nous utilisons ce que nous arrières arrières grands-pères ont planté
Gestion de l’industrie avale
La Gestion à très long terme est la caractéristique de la filière bois
Objectif : valoriser au mieux le patrimoine que nous avons
Difficile pour la forêt de s’adapter aux besoins industriels instantanés (ne pas céder à la mode)
Le bois est le même en forêt privée et publique, alors que la forêt privée change de propriétaire
Objectif : développer et accompagner la gestion durable
Meilleure connaissance des objectifs fixés par le propriétaire
3,5 millions de propriétaires pour 11 millions d’ha
On a 500 000 propriétaires de plus de 10ha qui ont 9 millions d’ha
2,6 millions ont moins de 1 ha
Notre cible : propriétaires de plus de 4ha
Centres régionaux de la propriété française
Outils d’approches territoriales
Plan de développement des massifs
Action de gestion, foncière
Restructuration
Un des points faibles : morcellement
On essaie de regrouper les gens pour travailler ensemble
Bois est commercialisé (60% du bois) dans l’énergie, l’industrie et le bois d’œuvre
Bois bûches (auto conso ou conso territoriale)
Bois qui part dans les scieries françaises (France ou export)
Balance commerciale
Filière bois = 2è poste de déficit, 6 milliards d’euros, après l’NRJ
Dont 1 milliard dû à la forêt, transformation
Papier/ameublement = déficit
Manque t-on de résineux en France (construction)?
Peut-être dans quelques années, parce que la 2è transformation ne trouve pas de matière première qualifiée en France
La 1ère transformation n’a pas fait assez d’efforts (scieries, agrumes pour planches)
Les scieries en France sortent du bois non séché et non normalisé (différent en Belgique et Suède)
Modernisation de l’outil de transformation
Investir dans des outils innovants
Caractérisation de la matière première
On a délaissé l’utilisation des feuillus (ameublement, plus de bois massif)
Innovation
Comment se porte la forêt française ?
Elle est inquiète
Décroissance d’un renouvellement actif
Si on veut qu’elle soit source de richesse, il faut être capable de la renouveler de façon dynamique et intelligente
On ne peut pas la laisser pousser sauvagement
Pour les propriétaires forestiers, les revenus pourraient ré-augmenter, mais pas aujourd’hui
Le prix moyen qu’on donne est celui des années 80, alors que les travaux ont augmenté
Jusqu’en 2000 : auto-financement de la filière, puis il a disparu
Peu d’aide à l’investissement
Proposition :
On cherche à valoriser un peu plus la fonction de stockage de carbone
A partir de 2013, les entreprises devront acheter leurs crédits carbone, et on milite pour qu’une partie de cette recette contribue au renouvellement de la forêt
Proposition présentée, mais on attend de savoir quel montant et sous quelle forme
Fabrice Millet, Président Directeur général du Groupe Millet, spécialiste de la construction bois
Marché de la fenêtre bois historiquement puis PVC/alu
Fenêtre Bois = 100% du marché dans les années 70, puis décroissance, à cause de l’arrivée de PVC et alu = plus économique, plus résistant
Industriels bois ont cherché à combattre PVC sur prix
S’approvisionner avec bois économiques, donc exotiques (80% des fenêtres il y a quelques années)
Les 2 marchés fenêtre bois et construction bois sont différents (fenêtre = feuillus)
Fenêtre bois est devenu marché de niche moyen-haut de gamme (avant c’était un marché de masse)
On retrouve le chêne de France
Les grumes de bois exotiques avaient un diamètre en 1991 de 1m50 environ
En 2011, exemple sur une forêt gabonaise FSC, diamètre de 60 cms à 80
La Diminution du diamètre des grumes de bois exotiques fait que, à prix constant, le coût de revient a augmenté
Le bois exotique a augmenté alors que le bois français a baissé
Le développement des nouvelles technologies reconstitue du bois lamellé collé, pour réduire le coût de revient du chêne, qui reprend des parts de marché
Redevient compétitif.
Le marché de la fenêtre bois ne se développera pas plus, mais le chêne aura une carte à jouer dans les années à venir.
Dans la construction bois, j’espère qu’il va s’inscrire dans le marché inverse de la fenêtre bois. On utilise du résineux
Pourquoi alors que nous avons la possibilité d’avoir du résineux dans les forêts françaises, importons-nous du bois ?
On importe 20% des résineux d’Allemagne et 30% de Scandinavie
En Allemagne, la construction bois est de 30% de parts de marché et
Scandinavie = 60%
Comme la construction bois s’est développée dans ces pays, la demande a suivi et l’industrie de transformation s’est adaptée
En France, les scieries tournent au ralenti
L’aspect économique et qualitatif ne suit pas
On a besoin de bois séché, raboté, calibré, les scieurs se sont adaptés dans les pays du Nord, mais pas chez nous.
Le marché de la construction bois va se développer, parce que, avec les nouvelles règlementations thermiques (RT 2012), le bois va être favorisé, le bois permet de préfabriqué de manière industrielle. On diminue donc les coûts de construction.
Les prix de la construction traditionnelle vont augmenter.
Donc d’ici 2013, le bois sera compétitif
Sur le marché du logement social, on l’est déjà
Donc le marché va se développer
Ce qui doit émerger sont les acteurs de la préfabrication industrielle. La demande doit se clarifier et être moins dispersée.
Les charpentiers doivent se rassembler, faire émerger les industriels pour faire se développer le marché de la transformation.
Jean Bakouma, Président de FSC France et Marie Vallée Directrice Exécutive
En France on importe des bois tropicaux
Quand on parle de forêt tropicale, c’est 1,3 milliard d’hectare sur 4 milliards d’hectares de forêts.
Sur le Volume mondiale du commerce du bois, le bois tropical ne représente que 3%
La forêt tropicale ne va pas bien, aux prises à des menaces comme la conversion en terre agricole (huile de palme, soja) et orpaillage
Pour y faire face : certification FSC née à la conférence de Rio en 1991
Utiliser 2 leviers
Politique forestière et forces du marché (gestion durable des forêts)
La certification complète la politique forestière
FSC est née de ce besoin pour utiliser les leviers des marchés
Certification internationale
10 principes, 70 critères indicateurs, chaque pays adapte ses critères
Forêt Guyanaise, de Nouvelle Calédonie… n’utilisent pas les mêmes indicateurs
Le Système ne certifie que les performances constatées de gestion forestière après audits
On voudrait jouer sur le levier de marché pour changer les comportements
Il y a plus de forêts certifiées au Nord que au Sud
148 millions d’hectares certifiés FSC au total
Les pays doivent jouer le jeu.
Aujourd’hui, la grande distribution fait des études et voient que les consommateurs veulent savoir d’où vient le bois qu’il consomme. L’acte d’achat peut conduire à l’évolution des comportements.
En France, les douanes contrôlent le pays d’origine et le certificat phytosanitaire, mais pas le bois certifié. Le pays d’origine ne garantit pas la performance environnementale ni l’illégalité du bois.
La certification ne peut pas opérationnelle quand il n’y a pas de législation forestière.
Hervé le Bouler, Pilote du réseau forêt France Nature Environnement
Jusqu’on où peut-on aller en matière d’exploitation ?
Cela dépend de la quantité de bois dans chaque forêt, dans les forêts domaniales, on a atteint les seuils.
Dans les forêts Privées : certaines parties sont sous-exploitée = difficile d’aller chercher plus de bois
Grosse inquiétude : ne pas aller chercher là où on tire déjà (répartition sur les récoltes)
FNE a signé un protocole qui dit « Produire plus, tout en préservant la biodiversité ». Comment ? Combien ? Où ?
La forêt française comprend la Guyane française qui contient 80% de la biodiversité européenne
Prudence sur l’incertitude climatique
Attention à ne pas aller trop loin et décapitaliser
Appel à renforcer les connaissances scientifiques objectives
Les besoins en énergie en France sont tels que la forêt ne pourra répondre qu’à la marge
Brûler du bois = brûler du pétrole
Si on doit utiliser du bois de chauffage, c’est en dernière utilisation, après plusieurs recyclages, quand on peut rien en faire d’autre
Les industriels ne doivent pas être victimes de la soif d’énergie.
En terme de Gouvernance : respecter les décisions finales du gestionnaire forestier (proprio ou Etat)
Dans un monde médiatisé, c’est de plus en plus difficile de faire accepter les actes de gestion forestière, par un public qui estime avoir son mot à dire, or il n’a pas conscience que la gestion forestière nécessite des coupes d’arbres
Droit à agir
Faire intervenir de nouveaux médiateurs sociaux
FNE : demande/offre d’assurer cette gouvernance à construire
Sujet émotionnel
Histoire d’amour mal partagée
Nécessité de partager l’émotion
Reconnaître la valeur et la qualité du travail sur la forêt
Comment communiquer autour de la forêt ?
Il nous faut produire plus de plus-value, de la valeur et du sens.
16:32 Publié dans Compte rendu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.03.2012
Green Dating n°37 : Quel avenir pour la forêt française? Mardi 13 mars
Quel avenir pour la forêt française ?
66% des Français pensent que la forêt française est menacée et 64% qu’elle a diminué, alors qu’elle progresse (Ipsos/FFP 2011).
Elle a doublé en 150 ans, pour occuper la 3è place européenne, après la Suède et la Finlande.
L’industrie du bois compte davantage d’emplois (400 000) que l’industrie automobile.
La forêt publique représente 25% de la surface boisée nationale et 40% des ventes de bois en France. Les 3,5 millions de propriétaires privés détiennent les 75% restants.
Comment l’encadrer, mieux la valoriser ? Quel avenir pour le marché du bois français ?
- Hervé Gaymard, Président du conseil d’administration de l’Office National des Forêts
Comment la forêt publique est-elle gérée et exploitée ? Comment le marché du bois peut-il évoluer ?
- Luc Bouvarel, Directeur général de la Fédération des Forestiers Privés de France
Pouvez-vous contribuer à une meilleure valorisation des apports économiques et environnementaux de la forêt française ? Quel rôle pour les propriétaires privés ?
- Fabrice Millet, Président Directeur général du Groupe Millet, spécialiste de la construction bois
Dans le secteur de la construction bois, la forêt française est-elle privilégiée ? Quels sont les enjeux pour un industriel ?
- Jean Bakouma, Président de FSC France et Marie Vallée Directrice Exécutive
Comment mieux protéger notre patrimoine forestier et assurer un avenir durable à la forêt ?
- Hervé le Bouler, Pilote du réseau forêt France Nature Environnement
Peut-on concilier les intérêts économiques, environnementaux, nationaux et internationaux ?
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